Journal de jeunesse de Francisque Sarcey et souvenirs de Monsieur Lemaître, son lecteur

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Journal de jeunesse de Francisque Sarcey (1839 — 1957) — suivi de Chroniques (Fagots, Notes de la Semaine, Grains de Bon Sens)

Recueilli et annoté par Adolphe Brisson. Bibliothèque des Annales Politiques et Littéraires, sans date (vers 1900)

Journal de jeunesse de Francisque Sarcey, suivi de Chroniques est une compilation réalisée par son beau-fils après sa mort, un recueil d’admiration affectueuse. Il eut du succès, Sarcey était un homme célèbre, un critique dramatique redouté… et peu respecté, la bête noire et la bête tout court des auteurs modernes et expérimentaux, Alphonse Allais et Jules Renard l’ont autant ridiculisé qu’ils l’ont pu. Il faut dire que cet homme, venu d’un milieu très modeste, devait être exaspérant : chantre du bon sens et toujours jovial, professeur d’abord puis journaliste, anti-dreyfusard, anti-communard, mais aussi anti-clérical, grand ami d’Edmond About, et craint de tous les gens de théâtre. Ce volume réunit surtout ses lettres de jeunesse, qu’il adressait à sa mère, elles sont le reflet de l’enseignement dans les années 1850 en France, et à Paris en particulier. Bien écrites, dès l’âge de douze ans, elles n’étaient pas destinées à un public et gardent donc une fraîcheur sincère qui en fait une belle balade de société.
Alors, rien de bien remarquable à part pour le curieux ? Non, effectivement, sauf que l’exemplaire paru au tout début du XXe siècle m’est parvenu comme une « deuxième main », tout encore truffé de ce qu’avait mis le premier propriétaire. Et c’est toujours émouvant de découvrir un nom au crayon, pour ne pas abîmer le livre, mais ne pas non plus l’égarer chez un emprunteur peu soigneux. Ou pliée en deux, une page de papier d’écolier dont le message rédigé à l’encre en deux couleurs affiche la calligraphie respectueuse des solennités. De par son nom, monsieur Lemaître était prédestiné, sans aucun doute, et devait enseigner à Houdain, dans les mines.

Quant aux cartes postales, contemporaines au livre et au message, elles viennent du Canada, non écrites, non expédiées. Alors, peut-être que ce monsieur Lemaître rêvait d’aller y séjourner… ou mieux, s’était offert le voyage ? Ou encore, les avait-il reçues d’un membre de la famille parti s’installer là-bas ? Pour travailler dans l’hôtel que l’on voit… et qui ressemble à celui de Shining, l’hôtel maléfique de Stephen King, ne trouvez-vous pas ?

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