Les caricaturistes du quotidien satirique Le Charivari, en 1833

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Grandville et Forest, Le Charivari, 28 février 1833.
Le Charivari, 28 février 1833 : Dessin.

Le Charivari publiait chaque jour un nouveau dessin, le premier numéro parut le 1er décembre 1832. Son directeur de publication Charles Philipon (1800 – 1862) naît à Lyon dans une famille de la petite bourgeoisie – son père fait commerce de papiers peints –, il s’installe à Paris vers 1825 afin de poursuivre une carrière de dessinateur, il fréquente alors l’atelier de Grandville en 1827 puis s’associe au journal satirique La Silhouette en 1829. Bien qu’il dessine, il excelle surtout à la direction, on le décrit doté d’un puissant charisme, et, la même année, il convainc son beau-frère Gabriel Aubert de le rejoindre à Paris pour ouvrir une maison d’édition et de commerce d’estampes avec le soutien de sa sœur Marie-Françoise ; les relations entre ses futurs journaux et le commerce libraire des Aubert demeurèrent constantes. Quand Charles Philipon crée Le Charivari en exploitant les progrès du procédé de lithographie sur quatre pages, il mêle adroitement et également textes et dessins et invente le premier quotidien moderne de la caricature. Un an après la naissance de la revue, il résumait l’activité illustratrice de son journal et précisait l’orientation plus politique qu’il avait en tête avec ses confrères et amis, l’occasion de découvrir les premiers caricaturistes du Charivari.

Le Charivari n° 90, 28 février 1833

DESSIN

La planche des Métamorphoses du jour, que nous publiâmes dans notre numéro du 6 décembre, obtint beaucoup de succès ; cependant elle n’était qu’une imitation des sujets déjà traités par M. Grandville, et, par conséquent, elle n’avait pas l’attrait de l’originalité. Les quatre scènes que nous offrons aujourd’hui à nos abonnés ont été composées exprès pour le Charivari ; elles sont donc parfaitement neuves, et nous devons croire qu’elles ne plairont pas moins que les précédentes. MM. Grandville et Forest continuent cette amusante galerie, qui nous fournira un grand nombre de bons numéros. À cette occasion, nous dirons que la faveur dont les dessins de M. Pigal ont été honorés nous a déterminés à acquérir de M. Aubert les douze planches de Scènes familières qu’il avait commencé à publier. Ces charmants croquis paraîtront dans le Charivari, et seront suivis de ceux que l’auteur exécute pour nous. Ainsi, nos abonnés posséderont la collection complète des nouvelles scènes de M. Pigal. M. Traviès, dont les succès ne se bornent pas au genre comique, a dessiné pour nous le portrait du célèbre Hérold. Nous le publierons sous peu de jours ; nous donnerons aussi une série de têtes plaisantes intitulée : Portraits-charges, et une autre galerie du même genre qui a pour titre : Types et Portraits de fantaisie. Ces deux ou­vrages sont également dus à M. Traviès, qui, mieux que per­sonne, sait varier ses physionomies et leur donner un caractère original. Enfin, dans le mois de mars, nous avons encore l’in­tention de publier plusieurs fort beaux portraits dessinés par M. Julien, quelques diableries, par M. Ramelet, et de nouvelles scènes de l’imagination, par M. Daumier. Nous avons, de plus, acquis la collaboration de quelques artistes dont les travaux n’ont pas encore enrichi notre collection, notamment, de MM. Menut et Dupressoir.

Librairie Aubert, 1850.

Bribes de notices, recueillies pour servir de pistes
(le nom courant de Julien, par exemple, difficile à cerner sans l’aide de dates et de prénoms)

Grandville, ou Jean-Jacques Grandville, pseudonyme de Jean Ignace Isidore Gérard, né le 13 septembre 1803 à Nancy et mort le 17 mars 1847 à Vanves.
Eugène Hippolyte Forest, né à Strasbourg le 24 octobre 1808 et mort à Grenoble le 28 décembre 1891.
Charles-Joseph Traviès de Villers, dit Traviès, né le 21 février 1804 à Wülflingen dans le canton de Zurich, et mort le 13 août 1859 à Paris.
Edme-Jean Pigal, né à Paris, le 2 février 1798 et mort à Sens le 16 septembre 1872.
Julien, Bernard-Romain, né le 16 novembre 1802 et mort 3 décembre 1871 à Bayonne.
Charles Ramelet, dont il faudra se contenter des dates de 1805-1851.
Honoré Victorin Daumier, né le 26 février 1808 à Marseille et mort le 10 février 1879 à Valmondois.
Marie-Alexandre Alophe, pseudonyme d’Adolphe Menut ou Menut-Alophe, né en 1812 et mort le 10 août 1883 à Paris.
Joseph-François (ou François-Joseph) Dupressoir, né à Paris le 3 avril 1800 et mort à Montmartre le 6 mars 1859.

Ce jour de février 1832, les « Échos » rapportaient de Lyon, auquel Philipon était forcément attaché, cette nouvelle :

Le Charivari, 28 février 1833 : Échos.

Un procès-verbal a été dressé à Lyon contre les saints-simoniens qui avaient tapissé de noir une des fenêtres de leur habitation, sur la place Louis XVIII à l’heure de l’exécution du condamné Guerre, et posé un écriteau sur le­quel étaient écrits ces mots : « Plus de sang ! »

Le 20 février 1833, un mercredi à 11h15, François Guerre âgé de 30 ans, fabricant d’étoffes, était guillotiné pour meurtre et vol (voir le site La veuve guillotine).

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